Kal Awa

S'accorder à la Nature, c'est dans nos racines
ACTUS GAZETTE

DU SUCRE COMME DÉSHERBANT ?

Il faut que je te dise un truc. A l’heure où je t’écris cet article, nous nous trouvons au cœur d’un véritable tournant politico-socialo-écologique. Le torchon brûle (non, c’est la planète). On est donc tous.tes au courant que le climat part en cacahuète et que c’est en très grosse partie de notre faute… Je ne t’apprends rien. D’autre part, le projet d’interdire à la vente le très controversé herbicide RoundUp, fourni par Monsanto, a été reporté. Cette réponse me semble complètement aberrante, aux vues de l’urgence climatique actuelle… Bref. Ne nous énervons pas. Car, justement, je te parlais du désherbant chimique, que beaucoup de gens ont encore du mal à abandonner, à défaut de trouver une meilleure solution. Eh bien figure-toi que le futur remplaçant du RoundUp a été découvert ! Et c’est 100% naturel ! Oui, madame.

Histoire d’une découverte oubliée

Pour commencer, je me suis « amusée » à remonter le temps, pour tenter de comprendre les origines de ce puissant herbicide… Et j’ai trouvé cet article très instructif, publié par France Culture, sur l’histoire du glyphosate et de son usage originel. Eh bien, mon ami.e, je ne sais pas si tu es prêt.e pour ça. Spoiler alert : savais-tu qu’à la base, le glyphosate était destiné à un tout autre usage ? D’ailleurs, celui-ci n’a aucun rapport avec les plantes. En effet, ses premières utilisations consistaient …à détartrer les chaudières et les canalisations d’eau.

Tout commence en 1950, dans un laboratoire pharmaceutique Cilag. Le chimiste suisse Henri Martin synthétise pour la première fois de l’Histoire ce qu’on appelle communément le glyphosate. Cette découverte sera par la suite baptisée du poétique nom N-phosphonomethyl-glycine.

C’est seulement à partir des années 1960 qu’on va lui trouver un usage littéralement décapant. L’épopée du glyphosate commence réellement dans le courant des années 1970, à travers l’association entre le laboratoire et Monsanto. La suite, tu la connais. Je te conseille tout de même de lire l’article en lien, car c’est effrayant de vérité et de voir à quel point Monsanto nous a pris pour des billes…

Source : youtube

Chimiquement vôtre : la mécanique du glyphosate

Suite à ce petit historique, un peu de chimie… Une chose que j’ai bien retenu de la vie, c’est cet adage : « Connais ton ennemi ». J’ai trouvé ce schéma qui résume très clairement le mécanisme du glyphosate sur les plantes.

Source : France Culture

Le problème du glyphosate, c’est qu’il n’est pas sélectif. En plus de tuer les plantes dites « envahissantes », il va également tuer les cultures. C’est ce que craignaient les chimistes lors des premières productions réservées au jardin. Un problème ? Que des solutions ! « Il suffit simplement de modifier génétiquement les plantes cultivées, afin de les rendre plus tolérantes à la substance ! », répond l’Homme, au sommet de son intelligence. Ah oui ? Vraiment ? D’autant plus qu’à force d’être attaquées à l’acide, si je peux me permettre l’expression, certaines plantes « invasives » ont elles aussi élaboré une réponse, en guise de défense. Et cela les a rendues forcément plus résistantes à la molécule. Tout comme n’importe quel être vivant, elles luttent pour leur survie.

Quid des dommages collatéraux sur le sol, l’eau que nous buvons, et de ce fait, sur notre propre santé ? Monsanto le nie toujours, pourtant le glyphosate présente de hauts risques cancérogènes, les preuves affluent, les langues se délient et des procès s’ouvrent.

Juste quelques chiffres, pour bien se rendre compte de l’urgence : 825.000 tonnes. C’est la quantité de glyphosate déversée sur les champs, dans le monde entier, en 2014. On peut donc ajouter les tonnes déversées depuis…

12. C’est le nombre par lequel ont été multipliées les diffusions du glyphosate.

2022. C’est l’année butoire pour les agriculteurs pour arrêter la diffusion du glyphosate.

Pour plus de détails, en terme de chiffres, j’ai retrouvé cette super vidéo, réalisée par Data Gueule, car tu l’auras compris : les chiffres sont irréfutables !

Source : youtube

Et badaboum ! Comment casser du sucre sur le dos de Monsanto

Tu es encore là ? C’est merveilleux ! Eh bien, c’est que tu as eu suffisamment de patience et de curiosité pour enfin découvrir la substance naturelle qui va supplanter le glyphosate. Et si tu as scrollé pour arriver directement sur cette partie-là de l’article, c’est de la triche.

Tout n’est pas fini, il reste encore un espoir ! Récemment, un laboratoire allemand a fait une découverte originale, qui pourrait probablement changer le cours des choses…

Cette petite nouveauté a été découverte par Klaus Brilisauer et son équipe de l’université de Tübingen, dans une cyanobactérie d’eau douce, baptisée Synechoccus elongatus. Cette variété d’algue marine a démontré ses capacités à inhiber la croissance d’autres sources bactériennes. On ne savait pas encore comment. Par la suite, les chercheurs ont découvert une molécule de sucre inhabituelle et encore inconnue au bataillon : le 7-deoxysedoheptulose (à vos souhaits). La 7dSh, en version courte, est donc capable de perturber les processus métaboliques. Tout comme le glyphosate, elle va bloquer l’enzyme essentielle à la croissance de la plante, et ce, même à de faibles concentrations (25 à 50µg/ml). A de plus fortes doses, la croissance est stoppée nette, dès le premier jour. Ce n’est toutefois pas une raison pour noyer la plante avec, hein !

Source : Futura Sciences

Quel est l’intérêt de ce sucre, au final ? Eh bien, c’est qu’on a là un excellent herbicide naturel. De ce fait, on parle tout de même d’algue. Ce n’est plus un détartreur de canalisations ! Donc, sa production est entièrement naturelle et sa fin de vie est biodégradable (pour de vrai, pas comme avec le RoundUp 😉). Outre son utilisation antifongique et antibactérienne, cette petite bactérie pourrait également aider la médecine vétérinaire, ou dans le traitement des eaux, voire la santé humaine…

Capture vidéo du mouvement des cellules de la cyanobactérie Synechoccus elongatus
Source : youtube

To be continued, comme on dit. En tout cas, cette découverte ouvre un nouveau chapitre dans le grand livre de l’écologie.

Lula

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