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HERBIER

LA CONSOUDE (Symphytum) L’INDISPENSABLE COMPAGNE

La Consoude, que d’aucuns prétendent qu’elle était présente dans le luxuriant Eden, est une plante aux mille vertus connue et cultivée depuis l’Antiquité. A la fois médicinale, ornementale, comestible, fertilisante et revitalisante, cette vivace est un vrai miracle de la nature aux multiples bienfaits. Elle est tout simplement la plante compagne indispensable à tout potager naturel. Découvrons ensemble les mille et une vertus de cette plante compagne idéale pour ton potager naturel. Ainsi que les recettes faciles d’un baume anti-bobos et d’un engrais naturel pour tes plantations !

Un peu de botanique

La grande consoude (Symphytum officinale) est une plante herbacée vivace de la famille des Boraginacées affublée de plusieurs noms : oreille d’âne, langue de vache, herbe aux coupures… Ses nombreux noms nous renseignent non seulement sur sa forme, mais aussi sur ses utilisations traditionnelles.  Par exemple son nom français « Consoude » (« qui soude ensemble ») nous rappelle ses vertus cicatrisantes et son utilisation médicinale. Tandis que son nom anglais « Comfrey » qui veut dire « grandir ensemble » nous montre que les anciens connaissaient déjà ses vertus de plante compagne.

Poussant à l’état sauvage en Europe, elle apprécie les milieux humides et la lisière des bois qu’elle couvre durant la belle saison d’un magnifique tapis mauve. La belle peut atteindre 80 cm de hauteur et forme de vigoureuses touffes. Très robuste, elle développe un réseau racinaire pouvant descendre jusqu’à 1,80 m sous la surface du sol. Ses charmantes fleurs en clochettes variant du blanc au mauve, s’épanouissent durant l’été et font le bonheur des pollinisateurs. Mais prends garde ! Il faut les couper après la floraison, car ses semis la rendent vite envahissante ! Personne n’est parfait(e) 😉 …

Pour pallier cela, il existe une alternative résultant d’un croisement entre la consoude d’Europe occidentale et sa cousine orientale. Appelée » Consoude de Russie » (Symphytum peregrinum), c’est une plante hybride stérile, qui contient plus de potasse. Au potager naturel, la forme sauvage reste selon moi la plus pertinente. En effet celle-ci peut se récolter dans la nature, se semer au besoin, en ayant pour seule contrainte la coupe en fin d’été de deux trois fleurs… Mais c’est à chacun de voir midi à sa porte !

La consoude compagne de nos potagers

La vertu principale de cette vivace est qu’elle favorise le vivant. Le végétal bien sûr mais aussi les insectes indispensables au potager : les pollinisateurs ! En effet, c’est une plante mellifère, c’est-à-dire qui produit de bonnes quantités de nectar et de pollen accessibles pour les abeilles. Quand il fait beau et que les fleurs passent du rose au bleu, on peut entendre le bourdonnement de tous ces gourmands qui viennent se restaurer. Au potager naturel, la consoude est une plante compagne particulièrement appréciée pour sa richesse en potasse. Associée à l’ortie, qui est riche en azote, elles fournissent un engrais complet à ton potager naturel !

Son impressionnante biomasse permet jusqu’à 4 coupes par an. Tu pourras utiliser la première, au mois de mai, comme couverture du sol. En se décomposant la consoude restitue ses éléments nutritifs, fournissant ainsi une nourriture de choix à tes cultures. Tu pourras également mettre une poignée de feuilles associé à de l’ortie au fond du trou de tes plantations. Ou bien, la disposer, séchée, le long de tes sillons de semis. Elle facilitera leurs levées et favorisera la croissance des feuilles. Il est aussi possible de la planter directement autour des arbres fruitiers. Cependant ne l’utilise pas pour tes salades, épinards … cela pourrait les faire monter en graines !!!

Concernant la dernière coupe d’automne, elle viendra enrichir le compost. En effet, elle aura un effet activateur et te garantira un compost de qualité. Par ailleurs, la consoude fanée est aussi appelée “instant compost”, car son rapport carbone-azote est celui d’un compost bien décomposé.

La recette du purin de consoude

La consoude fait également un excellent purin. Il est obtenu par macération dans de l’eau, puis par fermentation. Les substances actives y sont concentrées. Utilisée ainsi, son pouvoir fertilisant est supérieur à un bon compost et elle renforce les défenses naturelles des plantes. Je te livre une petite recette toute simple pour réaliser ton propre purin.

  1. Remplir un récipient (pas de métal) de plantes fraîches (feuilles et tiges fleuries)
  2. Compléter avec de l’eau de pluie
  3. Couvrir en laissant une légère aération
  4. Remuer chaque jour : une mousse se forme à la surface. Le purin est prêt à être utilisé quand il n’y a plus de mousse (1 ou 2 semaines).
  5. Filtrer
  6. Diluer le purin de consoude à 5% pour pulvériser et à 10% pour arroser au pied des plantes

Tu peux l’utiliser en pulvérisation sur les plantes pour par exemple régénérer et soutenir la cicatrisation des tissus blessés ou en engrais lors de l’arrosage. Pour ce faire, je te conseille de l’utiliser en synergie avec le purin d’ortie dont la recette est exactement la même. Arrose à la plantation avec le purin d’ortie et renouvelle l’opération 15 jours après. Par la suite arrose tous les 15 jours avec le purin de Consoude.

Comme le démontre cette étude, ces deux purins te permettront d’avoir les principaux biostimulants nécessaires à l’enrichissement de ton potager naturel, et ce en toute autonomie!!! Mère Nature n’est-elle pas génereuse?

La consoude compagne de notre trousse à pharmacie

La consoude officinale est connue depuis l’Antiquité comme plante médicinale.  En effet, ses feuilles et ses racines riches en allantoïne favorisent la multiplication cellulaire. Elle était donc d’une aide précieuse pour cicatriser les plaies, consolider les fractures, soigner les entorses et les ecchymoses, ou encore soulager les douleurs articulaires et musculaires. Cueillie en lune descendante, durant les jours « racine » de Janvier, elle était essentielle à la pharmacopée de ces courageuses guérisseuses qui, « pour se substituer à Dieu en sauvant des vies » (sic !), risquaient le bûcher.

Elle s’utilise en baume, macérat, cataplasme ou teinture mère et toujours par voie externe. Les racines sont principalement utilisés mais les feuilles, qui sont certes moins puissantes, sont plus faciles à préparer. Le plus gros problème avec la consoude est qu’elle marche tellement bien qu’une plaie peut cicatriser trop rapidement en surface et « cacher » un éventuel début d’infection plus profond ou consolider de travers une fracture ! Il faut donc être prudent préférer l’option médecin pour les cas de fractures ou autres plaies profondes. Voici quelques recettes pour guérir les petits bobos du quotidien !

La recette d’un baume antibobo

Pour 200g de baume, il te faut :

– 250ml d’huile d’olive
– 50g de cire d’abeille
– 4-5 gouttes de vitamine E ou autre conservateur
– 100g de racines de consoude hachées – plus une racine est hachée fin, plus la pénétration dans l’huile du principe actif sera importante.

Tu dois d’abord préparer un macérat huileux de consoude. Pour cela il te suffit de placer la racine de consoude hachée dans un bocal et de le remplir d’huile d’olive. Laisse macérer au soleil entre un mois ou deux selon les saisons. Après avoir filtré à l’aide d’un linge en coton ton macérat de consoude, fais fondre la cire d’abeille au bain-marie et lorsqu’elle est bien liquide, ajoute l’huile et émulsionne le mélange avec un petit fouet. Ceci évitera que la cire cristallise en laissant de côté l’huile d’olive. Ajoute la vitamine E tant que le mélange ne s’est pas solidifié et mixe un petit coup. Verse vite dans les pots stérilisés et ferme les couvercles. Au bout de 24 heures, ton baume est déjà prêt à être utilisé. En usage externe uniquement. Jamais sur les plaies ouvertes mais sur le contour.

Tu peux également renforcer l’effet de l’onguent par l’apport de 10 gouttes d’huile essentielle de ton choix pour une préparation de 200 g :

  • Lavande officinale : anti-inflammatoire, cicatrisant, régénérant cellulaire.
  • Géranium rosat : cicatrisant et anti-infectieux cellulaire.
  • Ciste : cicatrisant et anti-rides.
  • Tea-Tree : anti-infectieux polyvalent.
  • Ylang-ylang : Tonique et régénérant

En guise de conclusion….

…Deux trois mots (pas plus promis) sur sa culture. En trois mots ; elle est (extrêmement 😉) facile. Le semis de graines se réalisent du printemps à l’été ; prévoyez 50 à 70 cm de distance entre deux pieds, car la plante s’étoffe d’année en année. Un sol profond, riche et humide lui sera particulièrement favorable. Arrose en cas de forte chaleur, et seulement durant les deux premières années (ensuite, les racines plongeantes sont capables d’aller chercher l’eau en profondeur).

Le Scribe

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