Kal Awa

S'accorder à la Nature, c'est dans nos racines
ACTUS GAZETTE

LETTRE D’AMOUR À MON CORPS : S’ACCEPTER, C’EST LE DÉBUT DU BONHEUR

C’est une chose peu courante, mais aujourd’hui, j’ai décidé de faire une sorte de « Hors Série »… Je te parle habituellement de jardin, d’écologie et de bien-être au naturel. Ce matin, j’ai lu un article qui a résonné comme un son de cloche, dans mon esprit. Il s’agissait du témoignage percutant d’une femme qui adressait tout son amour à son propre corps. Et là, j’ai cogité. Je me suis dit : « mais, zut (je n’ai pas dit zut), Lula, t’as vu ce que tu fais à ton corps ?! Tu ne le respectes pas vraiment… Est-ce que tu l’aimes, au fond ? » J’ai donc pris la plume (= le clavier du PC et Word) afin d’écrire à mon propre corps, en reprenant le principe de la série Corps à Coeur, Coeur à Corps, du magazine d’où provenait ce fameux article. Et voici ce que je lui ai dit…

Cher Corps,

Aujourd’hui, j’ai réalisé un truc : je ne t’ai presque jamais parlé. Je ne t’ai même jamais écrit quoi que ce soit ! Pourtant, tu me (sup)portes depuis tant d’années ! Alors, voilà, c’est décidé, tu auras droit à une lettre, car tu mérites largement que je te porte de l’intérêt.

Tu as un peu plus de 26 ans, cher Corps. Tu es dans tes meilleures années, comme on dit. C’est maintenant que tu exprimes toute ta force et toute ta vigueur. Les plus belles années… Le climax, la dernière marche, avant le déclin. Non, je ne suis pas vraiment d’accord avec cette idée. J’ai toujours pensé que notre véritable âge se trouvait au fond de notre âme. En ce qui nous concerne, mon cher ami, nous avons donc parfois 08 ans, et parfois 75. Intemporels, nous sommes… (Yoda ? Mais qu’est-ce que tu fous dans mon texte ?!)

Je t’écris aujourd’hui pour te dire à quel point je t’aime, même si je ne te l’ai jamais dit, ni même fait comprendre. Au contraire, je trouve que je t’ai plutôt rudoyé, durant toutes ces années. J’ai été parfois très dure avec toi…

La sévérité du regard, à l’origine d’un mal-être

Chaque jour de cette vie, je t’inspecte, avec inquiétude, pour vérifier les moindres changements, et surtout, si tu as commencé à t’étendre au niveau du ventre. Oui, je l’avoue, je suis impardonnable d’être à ce point obsédée par la minceur, et de répondre à l’appel irrépressible du diktat de la beauté au féminin ! Je clame haut et fort être sourde à cette injonction perfide de la société actuelle, selon laquelle une belle femme est forcément mince… Mais en vrai, j’ai aussi répondu au chant des sirènes. Pour cela, cher Corps, je te demande pardon d’exiger autant de toi, au lieu de te laisser tout simplement vivre ta vie de body.

Les hommes aussi sont victimes du regard sévère de leur image… On voit rarement ce genre d’homme en couverture de magazines, et pourtant il a son charme !
Source : incolors.club

Il y a autre chose dont je voudrais te parler. Je voudrais te dire que tu es beau. J’aime tes imperfections, tes cicatrices, et tes trucs chelous. Je chéris tes jolies petites rides, qui commencent à faire leur apparition. Ce sont des rides d’inquiétudes, illustrées par des lignes dessinées sur mon front. Il y a aussi des rides de joie, plus discrètes, et qu’on appelle communément « pattes d’oie » (comme l’une des stations de métro, dans ma ville !). Oh, et bien sûr, n’oublions pas les rides de « pas contente » ! Oui, ces rides qui marquent d’une espèce de crevasse les contours de ma bouche ! Celles-ci, je les aime moins, mais elles sont inscrites sur toi, et je me dois donc de les accepter.

La liste de tes défauts

Tu es plein de défauts, bon sang ! Mais chacun de ces défauts te rend encore plus beau. J’ai mis longtemps à accepter ce nez en forme de virgule, et ces genoux arqués, comme s’ils refusaient de voir le monde extérieur !

Oh, et puis ces petits doigts boudinés, qui correspondraient plus à ceux d’un ouvrier ! Eh bien, figure-toi, mon cher ami, que j’en suis fière, désormais ! Surtout depuis que je travaille dans les espaces verts, car ils sont mes principaux outils. Ce sont des doigts de travailleuse, qui ont enduré le froid, la chaleur, la sécheresse et qui ont côtoyé les matières brutes que Mère Nature nous offre.

Une partie de ta clavicule qui ressort, et ce vilain faux grain de beauté (même pas coloré) juste au-dessus de la lèvre supérieure.

Tu n’es pas bien haut, mais tu n’es pas petit, non plus…

Et que dire de ces taches claires, sur le ventre, semblables à des éclaboussures. On les voit encore mieux quand tu es bien bronzé !

Tu as deux ou trois grains de « beauté » assez mal placés, mais au fond, ils auraient pu se trouver à des endroits plus évidents (genre, sur le nez) !

Et enfin, tes dents du haut sont en décalage par rapport à celles du bas, mais personne ne l’a vu, chut !

La prise de conscience de soi : le corps, première étape vers le bonheur

Non, vraiment, tu es fort, je n’ai pas à me plaindre de toi. Tu as toujours été un allié loyal et courageux. Après ces chutes, ces coups et ces opérations chirurgicales que je t’ai fait subir, tu es toujours fier. Quand il faisait un froid terrible et que le vent faisait vibrer tes cellules, tu résistais. Rarement, tu as montré tes faiblesses, mais je les acceptais (non sans difficultés, je le reconnais), malgré tout. On a tous le droit d’être malade, de temps à autre ! Mais tu as continué de me porter, surtout quand c’est la tête qui n’allait pas. Tu faisais comme si de rien n’était. Et je t’en remercie.

Quand on dit « un esprit sain dans un corps sain », bon sang, c’est tellement vrai ! Je me suis fourvoyée pendant longtemps, à faire semblant de t’apprécier, alors qu’au fond, je te reprochais pas mal de choses. J’avais un regard très sévère sur toi. Alors, qu’en fait, il suffisait juste de se dire qu’on en n’avait rien à foutre, et qu’on était bien, comme ça ! Rien que le fait de s’accepter, comme on est, de se dire : « okay, je m’aime bien comme je suis », rien que ça, te soulage d’un poids énorme.

Le rôle du corps dans la culture

Un nez proéminent ? Un peu de graisse par ci, par là ? Des vergetures ? Des membres distordus ? Eh bien, écoute, c’est comme ça que Mère Nature t’a fait.e ! L’accepter c’est un grand défi, mais une fois que c’est fait, les « conseils mode-santé-bien-être-des-foutus-magazines-à-la-con » te feront bien rire !

Un corps, c’est une enveloppe, mais pas seulement. Dans la culture occidentale, on est habitué.es à le considérer juste comme tel, et tant pis si on n’en prend pas soin. Tant qu’il nous porte. A contrario, dans la culture orientale, et notamment chez les asiatiques, le corps est sacré. Ne pas en prendre soin revient à l’insulter, et à s’insulter soi même, au final. C’est pour cela que les séances aux bains, ou dans un hammam sont très importantes. Il en est de même pour le sport (ou du moins, une activité physique régulière). Par exemple, au Japon, il est normal de faire quelques séances d’étirements avant de commencer sa journée de travail. Je ne te parle même pas du yoga, monnaie courante en Orient.

Le Body Positive : la philosophie qui te permet d’accepter ton corps tel qu’il est
Source : theodysseyonline.com

L’alimentation fait évidemment partie de l’amour ou du non-amour que l’on porte à son propre corps. On est ce qu’on mange. Je te laisse donc méditer cela, chèr.e lecteur.trice.

Par ailleurs, on voit de plus en plus de marques de mode mettre en avant des mannequins aux mensurations diverses et variées, histoire de casser les codes de la minceur. Et je dis oui ! Oui aux mannequins avec des rondeurs, et qui font du 48 ! Oui aux formes généreuses, afin de décomplexer les gens qui sont dans le même cas de figure ! C’est un début vers la tolérance et l’acceptation des différences.

Un regard neuf sur soi pour mieux s’aimer

Alors, je reviens à toi, cher Corps, pour conclure cette lettre d’amour, pour te remercier et te dire à quel point je veux te respecter davantage. C’est d’autant plus vrai, avec le temps qui file. Chaque seconde qui passe, et tu es déjà plus vieux que la seconde précédente. J’ignore pour combien de temps encore nous allons cohabiter ensemble, mais nous le ferons sur des bases plus saines, c’est certain !

Promis, j’arrêterai de te jauger avec sévérité. Je jure aussi de t’écouter davantage, chose que je fais trop peu, alors que tu essayais de me dire plein de choses très importantes. J’arrêterai de te faire du mal, et de te rudoyer, en n’adoptant pas de manière systématique des postures er-go-no-miques ! Je ferai du yoga plus régulièrement et je te couvrirai quand tu me diras que tu as froid. Je ne te forcerai plus à faire des trucs que tu ne veux pas faire. Cher Corps, nous avons encore des années à faire, ensemble, alors je te le dis officiellement pour la première fois : je t’aime !!!

Et toi, quel regard portes-tu sur ton corps ? Es-tu en paix avec lui ?

Lula

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